
ParisDans les locaux intimistes des éditions Guy Trédaniel, nichés au cœur de la capitale, rue saint André des arts une soirée empreinte de convivialité et de réflexion philosophique a réuni une quarantaine d’invités pour célébrer la sortie de deux ouvrages percutants de la collection « Petits traités ». Petit traité des idées – À l’usage de ceux qui veulent se faire entendre, signé François Belley, et Petit traité de la vertu – À l’usage de ceux qui ne sont pas sages, de Marc AlPozzo, ont été lancés sous les auspices d’un éditeur passionné.
Diffusées autrefois par Dilisco, puis par Interforum, les éditions Trédaniel se posent aujourd’hui la question existentielle : « Faut-il rester la plus grosse des maisons d’édition des petits, ou la plus petite des grosses ? » Un paradoxe qui traduit la quête d’équilibre entre indépendance et ambition dans un secteur en mutation. Trédaniel est connu pour son catalogue éclectique mêlant ésotérisme, développement personnel et essais audacieux.
Un pot original et sympathique, concocté avec soin, a ponctué l’événement, offrant un moment de respiration autour de verres et de discussions animées. C’est dans cette atmosphère chaleureuse que les deux auteurs ont pris la parole, sous les applaudissements d’un public conquis, composé d’amis, de fidèles lecteurs et de curieux venus explorer ces « petits traités » qui se veulent des armes contre l’apathie contemporaine.
François Belley, publicitaire originaire de Rambouillet, essayiste, romancier et conférencier infatigable (c’est son quatrième essai et cinquième ouvrage au total), a été présenté par l’éditeur comme le fruit d’une « histoire d’amitié et d’édition ». Cette connexion, née d’une confiance mutuelle, s’est muée en un véritable succès. Belley, actif sur X sous @francoisbelleyoù il tease déjà des extraits de son livre, a remercié Trédaniel pour son soutien indéfectible. « Ils font tout le travail dans l’ombre, font confiance à un auteur et le font connaître sur le terrain », a-t-il déclaré, soulignant l’importance de ces soutiens discrets.
Son Petit traité des idées (154 pages, 12,90 €) est une immersion dans les méandres des mondes artistiques, publicitaires, politiques et économiques. À travers une réflexion interrogeant « Qu’est-ce qu’une idée ? À quoi cela sert-il ? », l’auteur pose un appel à l’action impératif, comme pour « embrasser le lecteur et le pousser à l’action ». D’un côté, « ceux qui parlent » ; de l’autre, « ceux qui ont des choses à dire ». Belley, producteur d’idées autoproclamé dont l’ambition est de « sentir la société, comprendre l’époque et explorer de nouveaux territoires », prolonge ainsi ses thèmes récurrents. Une conférence avec Mathias Lebœuf est d’ailleurs prévue pour approfondir ces questionnements.
C’est ensuite Marc Al Pozzo qui a pris le relais, laissant la parole à François avec une élégance philosophique. Professeur de philosophie, essayiste et critique littéraire ayant publié une douzaine d’ouvrages (Seuls. Éloge de la rencontre aux Belles Lettres, La Part de l’ombre chez Marie Delarbre, entre autres), Al Pozzo anime depuis des années des cafés-philo dans le sud-est de la France et collabore à des revues comme Le Magazine des livres ou Boojum. Il a rappelé comment il avait croisé François Belley lors du lancement d’un autre livre chez Trédaniel : « C’est une belle histoire que de se retrouver. » Sans les éditeurs, « nous n’existons pas », a-t-il martelé, rendant hommage à ces passeurs de sens.
Son Petit traité de la vertu (9,90 €) se veut platonicien : le monde des idées existe, mais dans notre réalité de « donneurs de leçons » omniprésents, il exhume la vertu du grenier comme une valeur oubliée. « Le philosophe n’est pas le sage : il aspire à la sagesse, il a compris qu’il n’était pas sage et veut changer le monde », explique Al Pozzo.Face à une barbarie ambiante – « On a de la barbarie partout » –, ce traité propose des « clés pour agir » dans un décor contraignant. Inspiré par la sagesse des ancêtres, il se présente comme une « pharmacie contre la barbarie », avec deux remèdes pour un nouvel humanisme : foi et amour. « La vraie morale se moque de la morale », cite-t-il, invitant à « travailler pour le beau, pour le bien ». Chacun agit comme il l’entend, mais en se transformant, on transforme les autres et, in fine, le monde. La liberté et la vertu y sont revalorisées, loin des leçons moralisatrices, pour un agir simple qui « changera le monde ».
La soirée s’est close sur des échanges vivaces, où les invités ont pu dédicacer les ouvrages fraîchement acquis. Chez Guy Trédaniel, cette double parution illustre parfaitement la vocation de la maison : publier des essais accessibles qui, loin des tours d’ivoire, appellent à l’engagement. Dans un monde saturé de bruit, Belley et Al Pozzo nous rappellent que les idées et la vertu ne sont pas des abstractions, mais des leviers d’action. Une invitation à lire, à réfléchir… et à passer à l’acte.
REPORTAGE EXCLUSIF REVUEDE PRESSE ET DOPINIONS NICOLE FIORAMONTI
