
UN CRI DANS LA NUIT : L’ELAN POIGNANT DE LA NATION POUR LES 41 ANS DE CECILE KOHLER
Paris, 25 septembre 2025, 19h. Sous un ciel d’automne où les étoiles luttent pour percer un voile de nuages lourds, la place de la Nation se transforme en un sanctuaire vibrant d’espoir et de douleur.
Près de trois cents âmes convergent, leurs pas résonnant comme un battement de cœur collectif sur le pavé parisien, unissant enseignants, syndicalistes FO, et passants saisis par l’injustice dans un élan d’une intensité rare. Des drapeaux français et alsaciens frissonnent dans l’air frais du soir, mêlés de pancartes où s’affichent les visages de Cécile Kohler, enseignante alsacienne célébrant ses 41 ans dans l’ombre d’une cellule iranienne, et de Jacques Paris, son compagnon de 72 ans, otages depuis 1 237 jours.
Ce soir, pour marquer ce quatrième anniversaire passé dans l’enfer de la prison d’Evin à Téhéran, la foule s’unit dans un cri orchestré par la Ville de Paris et le comité « Liberté pour Cécile ». Photographes et journalistes, ombres discrètes aux objectifs braqués, capturent l’instant fugace, tandis qu’un stand déborde d’affiches, de t-shirts « Free Cécile » et de badges portés comme des talismans contre l’oubli.
Au cœur de ce tableau vivant, la mère de Cécile, figure frêle mais indomptable venue de Soultz-sous-Forêts, murmure avec une pudeur déchirante : « Ma fille me manque, mais votre présence ici lui donne de la force pour tenir. »
UNE VAGUE NATIONALE CONTRE L’OUBLI
CE rassemblement parisien, pacifique et déclaré, n’est qu’une étoile dans une constellation de plus de trente manifestations à travers la France : Strasbourg (place Kléber, où cent âmes bravent la pluie à 17h30), Mulhouse (Porte Jeune, où les voix s’élèvent comme un vent d’Alsace), Colmar (devant la mairie, à 18h), Amiens, Niort. Toutes scandent un même cri primal : « Libérez Cécile et Jacques ! »
Arrêtés le 7 mai 2022 lors d’un voyage touristique innocent, accusés sans preuves d’ »espionnage » et, depuis juillet 2025, de liens fictifs avec Israël, les deux Français endurent l’inimaginable : isolement total en section 209 d’Evin, cachots sans lumière ni lit, interrogatoires nocturnes qui brisent l’âme, appels familiaux rares et surveillés (le dernier, le 13 septembre, un maigre neuf minutes sous l’œil vigilant des gardiens). Leur sort, qualifié d’ »otages d’État » par le Quai d’Orsay, incarne la cruelle « diplomatie des otages » iranienne, où des vies deviennent monnaies d’échange dans un jeu géopolitique impitoyable, entre tensions nucléaires et pressions internationales.
Le stand du comité (@FreeCecile_sur X) pulse d’une énergie militante presque palpable : affiches géantes des visages de Cécile et Jacques, figés dans un sourire volé au temps, t-shirts à 10 euros pour financer une lutte acharnée, badges et stickers ornés du slogan « Femme, vie, liberté » – écho lancinant au soulèvement iranien de 2022.
La pétition en ligne, forte de 105 000 signatures, bat comme un cœur collectif, un battement qui porte jusqu’aux murs d’Evin.
Noémie Kohler, sœur de Cécile, graphiste lyonnaise et porte-parole infatigable, arpente la foule, serrant des mains tremblantes, remerciant chaque regard croisé. À ses côtés, la maman de Cécile distribue des flyers, son badge « Ma fille otage » épinglé comme un cri muet sur son manteau usé par l’attente. Elle échange des mots émus avec Nicolas Roche, ex-ambassadeur à Téhéran, tandis que les dons affluent via HelloAsso pour un comité à bout de souffle financièrement, usé par trois ans de veille et de plaidoiries.
19h30, la tribune s’embrase d’une émotion brute, comme une flamme qui refuse de s’éteindre. Noémie ouvre, sa voix tremblante comme un roseau dans le vent d’automne : « Quatre ans sans eux, c’est une vie volée. Cécile récite des poèmes pour ne pas sombrer ; Jacques, à 72 ans, endure l’indicible. Vous, ici, vous les rendez existants. Merci. » La foule, mêlant enseignants de l’Éducation nationale (Cécile était professeure de lettres, semant des mots pour éclairer les esprits), syndicalistes FO et citoyens bouleversés, applaudit, les yeux humides de larmes contenues. Elisabeth Borne, ministre de l’Éducation, a tweeté plus tôt : « Pas un jour sans penser à Cécile, notre collègue. »
Puis, Benjamin Brière, 32 ans, photojournaliste lyonnais libéré le 12 mai 2023 après trois ans dans l’enfer de Vakilabad et Evin, monte à la tribune. IL incarne la douleur et la résilience forgées au feu de la captivité. Son témoignage, livré d’une voix brisée mais portée par une urgence viscérale, fige la foule dans un silence oppressant : « J’étais un touriste, en van avec ma sœur Cécile, morte dans un accident de moto juste après ma libération – un deuil qui me hante comme une ombre. Arrêté à Mashhad en mai 2020, accusé d’espionnage pour des photos touristiques. À Evin, pas de lumière, pas de papier, juste la peur qui ronge. J’ai perdu 20 kg, cru mourir seul dans le noir. Cécile et Jacques vivent ça maintenant. Les radios clandestines m’ont appris vos manifs à Paris – ça m’a sauvé, comme un fil ténu vers la lumière. Je suis libre, mais coupable qu’ils ne le soient pas. »
Dans un élargissement poignant, Benjamin évoque le sort tragique des autres otages français, ces invisibles de la diplomatie : « N’oublions pas Camilo Castro, ce professeur de yoga franco-chilien de 40 ans, disparu le 26 juin à la frontière vénézuélienne, détenu sans motif à Caracas depuis près de trois mois dans la ‘diplomatie des otages’ de Maduro – un aller-retour pour un visa devenu un piège sans fin. Et Lennart Monterlos, ce jeune Franco-Allemand de 28 ans, arrêté en Iran en juin 2025 lors d’un voyage à vélo, incarcéré à Evin depuis trois mois pour ‘propagande’, un pion dans le même jeu cruel qui retient Cécile et Jacques. Ces vies brisées, comme la mienne, exigent justice. La France doit les protéger tous ! »
Le sommet de l’émotion survient dans un duo saisissant avec Chirinne Ardakani, avocate franco-iranienne et figure des droits humains, défendant Cécile, Jacques, Lennart et Narges Mohammadi (Nobel de la Paix 2023). Benjamin, qui a appris des bribes de persan en cellule pour dialoguer avec des codétenus et survivre aux interrogatoires impitoyables, se lance dans un cri appris dans la douleur : « Zan, zendegi, azadi ! » – Femme, vie, liberté, le mantra du soulèvement iranien de 2022 post-Mahsa Amini. Son accent, hésitant mais chargé de vécu, déchire le silence comme une lame. Chaque syllabe, maladroite mais sincère, porte les stigmates de ses trois ans de captivité, un persan forgé dans l’obscurité des nuits d’Evin, murmuré entre deux interrogatoires pour garder un semblant d’humanité. La foule retient son souffle, suspendue à ce pont linguistique entre souffrance et rébellion. Chirinne, bilingue, née de parents exilés en 1979, prend le relais avec une diction fluide, presque chantée, qui élève le cri vers les cieux : « زن، زندگی، آزادی –
Benjamin honore les résistantes iraniennes, celles qui crient dans les rues et celles qui murmurent dans les cellules. Ce cri, né dans le sang de 2022, unit Cécile, Jacques, Lennart et tous les opprimés. »Elle traduit son témoignage en persan pour les radios clandestines, espérant qu’il perce les murs d’Evin, où Cécile, dit-on, récite des poèmes pour ne pas oublier qui elle est, et où Lennart, peut-être, trouve refuge dans ses propres souvenirs. Ce duo, capturé par France 3 et partagé en un éclair viral sur X, est un pont entre deux mondes : le français de Benjamin, marqué par le trauma d’un ex-otage hanté par ses chaînes, et le persan de Chirinne, vibrant d’une colère contenue contre l’injustice systémique. Elle amplifie, la voix chevrotante d’émotion : « Benjamin a appris ces mots dans l’obscurité d’une cellule, entre deux interrogatoires, pour connecter avec l’humain au-delà des barreaux. Son persan est celui des opprimés, un cri qu’il porte pour Cécile, Jacques, Lennart. Nous le traduisons pour que Téhéran, Caracas entendent : la France ne pliera pas. »
La foule, saisie au plus profond, oscille entre larmes silencieuses et vivats libérateurs. Ce moment, d’une intensité rare, incarne l’union d’un ex-otage et d’une avocate, leurs voix entrelacées comme un défi au silence des puissants, un dialogue bilingue où chaque mot est une arme contre L’OUBLI.
UNE INTERPELLATION BRULANTE A MACRON ET BARROT
L’EMOTION cède la place à une urgence brûlante, presque un appel au secours. Chirinne Ardakani, reprenant le micro avec une gravité qui cloue l’assemblée, lâche une révélation qui glace les cœurs : « La France a retiré sa plainte contre l’Iran devant la Cour internationale de Justice, déposée en mai 2025 pour violations des droits consulaires – accès restreint aux diplomates, tortures psychologiques, absence d’avocats indépendants.
Ce retrait, un ‘geste de confiance’ après l’échange Macron-Pezeshkian à l’ONU hier, devait ouvrir la voie à une libération rapide de Cécile, Jacques, Lennart. Mais s’ils ne rentrent pas dans les jours à venir, ce sera une erreur stratégique fatale. Ces jours sont essentiels. L’Iran joue avec leurs vies ; nous devons les protéger ! »
Benjamin, à ses côtés, interpelle directement Emmanuel Macron et Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, d’une voix qui porte l’écho de ses propres chaînes : « Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, ne sacrifiez pas Cécile, Jacques, Lennart pour un mirage diplomatique ! Protégez-les, comme vous m’avez protégé. Protégez Camilo Castro au Venezuela, enfermé sans motif depuis trois mois. Ces vies – toutes ces vies – sont entre vos mains. La France doit être un bouclier, pas un pari hasardeux ! »
Cette plainte, un levier rare contre la « diplomatie des otages », dénonçait des conditions inhumaines : isolement total, menaces de peine de mort, appels familiaux sous surveillance impitoyable. Son abandon, justifié par le Quai d’Orsay comme un pari pour accélérer les négociations, fait craindre un recul irrémédiable.
« Si la libération n’arrive pas, ce retrait sera une trahison impardonnable. ». Nous devons protéger Cécile, Jacques, Lennart, Camilo par tous les moyens – sanctions renforcées, pression internationale, mobilisation populaire qui ne faiblit pas. »
La maman de Cécile en quelques phrases bouleverse les présents ; on voudrait tant que le cauchemar s’arréte.
UN SOUFFLE D’ESPOIR DANS L’ATTENTE
LA manifestation s’achève vers 20h30 sur des chants de « Femme, vie, liberté », portés par un espoir fragile mais tenace, comme une braise sous la cendre. Jean-Luc Romero-Michel, adjoint à la maire Anne Hidalgo, réaffirme le statut de citoyens d’honneur de Cécile et Jacques : « Paris est avec eux, jusqu’au bout du combat. » Hidalgo, absente mais engagée corps et âme, promet de relayer leur cause lors des prochains appels familiaux, ces murmures volés au régime.
La foule, forte de 300 personnes, brandit des affiches, distribue des badges, scande des poèmes que Cécile, dit-on, murmure pour survivre dans l’obscurité, et que Lennart, peut-être, chuchote pour garder espoir.
Benjamin, Noémie, Chirinne, la maman de Cécile : leurs voix tissent un fil ténu jusqu’à Evin, jusqu’à Caracas. Les jours à venir, avant que les négociations ne s’enlisent dans les méandres diplomatiques, sont cruciaux, un compte à rebours suspendu au bord du gouffre. Comme le murmure de la mère, cette foule est un souffle vital pour quatre âmes captives – Cécile, Jacques, Lennart, Camilo. Rejoignez le mouvement sur X avec #FreeCecileKohler.
Que ce cri, porté par le persan hésitant de Benjamin et la fougue de Chirinne, perce les murs de l’oubli. Pour Cécile, pour Jacques, pour Lennart, pour Camilo, pour que la liberté l’emporte enfin sur la nuit.
REPORTAGE EXCLUSIF REVUE DE PRESSE ET D OPINIONS NICOLE FIORAMONTI 25 SEPTEMBRE
