Saint-Denis, fin mars 2026 – Les élections municipales de mars 2026 ont confirmé une tendance amorcée depuis plusieurs scrutins : l’accession à la tête de communes importantes de maires issus de l’immigration maghrébine ou subsaharienne, souvent d’origine ou de culture musulmane. Sur les 35 000 communes françaises, le nombre exact de maires musulmans n’est pas officiellement recensé en raison du principe de laïcité. Les estimations convergentes (rapports du ministère de l’Intérieur, enquêtes médiatiques et observations locales) tournent autour d’une trentaine de maires clairement identifiés comme tels ou issus de familles musulmanes pratiquantes, principalement dans des villes populaires d’Île-de-France, de l’agglomération lyonnaise et de certaines communes du Nord.
Ce phénomène, encore minoritaire à l’échelle nationale, prend une dimension symbolique forte dans des villes de plus de 30 000 habitants. Il pose la question centrale : l’assimilation réussie des populations issues de l’immigration musulmane est-elle suffisante pour que la culture française, fondée sur la laïcité, l’égalité homme-femme, la liberté d’expression et l’universalisme républicain, continue de l’emporter ? Ou assiste-t-on à un entrisme progressif qui fragilise ces fondements au profit de normes communautaires ou islamistes ?
Portrait des principaux maires concernés
Parmi les élus les plus visibles :
• Bally Bagayoko (Saint-Denis-Pierrefitte, ~150 000 habitants, LFI-PCF) : Origine malienne, musulman, ancien cadre RATP et entraîneur de basket. Élu dès le premier tour avec 50,77 %. Dès ses premiers jours, il annonce un « processus de désarmement » de la police municipale (suppression des LBD et réflexion sur une nouvelle doctrine d’armement), provoquant le départ potentiel de près de deux tiers des agents et une mise en garde du gouvernement sur le respect de la neutralité des fonctionnaires.
• Kadir Mebarek (Melun, Seine-et-Marne) : Franco-algérien, élu dès le premier tour.
• Abdelkader Lahmar (Vaulx-en-Velin, Rhône) : Origine algérienne, député LFI.
• Issam Benzeghiba (Meyzieu, Rhône), Mélissa Youssouf (Villepinte, 93), Mohamed Gnabaly (L’Île-Saint-Denis), Demba Traoré (Blanc-Mesnil), Yahaya Soukouna (Fleury-Mérogis), ainsi que d’autres élus d’origine maghrébine ou africaine de l’Ouest.
Ces maires sont souvent décrits comme des « enfants des quartiers », formés en France, engagés à gauche. Beaucoup défendent publiquement la lutte contre « l’islamophobie » et maintiennent des liens étroits avec la communauté musulmane locale.
L’entrisme islamiste : un phénomène documenté, pas une théorie complotiste
Des rapports officiels (notamment le rapport « Frères musulmans et islamisme politique en France » de 2025) et des commissions d’enquête parlementaires alertent sur des stratégies d’entrisme : alliances clientélistes avec des associations religieuses, subventions à des structures proches des Frères musulmans, pressions pour des aménagements communautaires (horaires séparés dans les piscines, menus halal exclusifs, tolérance aux prières de rue, etc.). Des campagnes se déroulent parfois dans les mosquées, et des élus sont accusés de fermer les yeux sur des phénomènes de contrôle social (voile, refus de mixité, pressions sur les femmes).
À Saint-Denis, les premières décisions de Bally Bagayoko – désarmement policier et discours sur les agents « en phase » avec le projet politique – sont interprétées par certains comme une priorité idéologique sur la sécurité réelle, dans une ville déjà marquée par des difficultés de délinquance et de trafic.
Ce n’est pas l’ensemble des musulmans de France qui pose problème : la grande majorité vit paisiblement. Mais une minorité active, souvent structurée autour de réseaux fréristes ou salafistes, cherche à faire progresser une vision du monde où la charia ou la loyauté à l’oumma (communauté musulmane) prime sur les lois républicaines. C’est précisément ce qui alimente la thèse du choc des civilisations : deux systèmes de valeurs incompatibles sur des points essentiels (place de la religion dans l’espace public, égalité des sexes, liberté de blasphémer, primauté de la loi civile).
L’assimilation : condition indispensable pour que la culture française l’emporte
La France a historiquement su assimiler des vagues d’immigrants (Italiens, Polonais, Portugais, Espagnols…) parce que ces derniers adoptaient pleinement la langue, les valeurs, les mœurs et l’identité nationale. L’assimilation va au-delà de l’intégration : elle exige non seulement le respect des lois, mais l’adhésion intime à la culture française, la mise en retrait des marqueurs identitaires religieux ou ethniques dans la sphère publique, et la transmission prioritaire de l’héritage national aux enfants.
Face à l’immigration musulmane massive des dernières décennies, ce modèle est mis à rude épreuve. Contrairement à d’autres cultures, l’islam politique (distinct de la foi personnelle) porte une vision globale qui englobe le politique, le social et le culturel. Quand des maires issus de cette culture refusent de rompre clairement avec les aspects les plus conservateurs ou politiques de l’islam (soutien à des associations rigoristes, discours victimaire permanent sur l’islamophobie, remise en cause de la laïcité), le risque est réel de voir la culture française reculer au profit d’un multiculturalisme de fait.
Sans assimilation exigeante :
• Les territoires conquis par l’islamisme (décrits par des sociologues comme Bernard Rougier) se multiplient.
• La laïcité devient négociable.
• L’égalité homme-femme et la liberté individuelle sont érodées par des accommodements successifs.
L’assimilation réussie suppose des politiques claires et fermes :
• Maîtrise stricte de l’immigration.
• Obligation de maîtrise de la langue et des valeurs républicaines pour obtenir la nationalité.
• Refus absolu du communautarisme dans les services publics et les subventions.
• Défense intransigeante de la laïcité à l’école, dans les piscines, les cantines et les mairies.
• Fin du clientélisme électoral qui consiste à acheter des voix en échange de concessions religieuses.
Si ces conditions ne sont pas remises au centre, les victoires locales de maires musulmans, même républicains en apparence, risquent d’accélérer une balkanisation culturelle où la France ne sera plus « une et indivisible », mais un agrégat de communautés en concurrence.
Conclusion : pas de fatalité, mais un choix politique urgent
L’élection de Bally Bagayoko et d’autres maires d’origine musulmane n’est pas en soi une catastrophe. Elle reflète une réalité démographique. Mais elle devient problématique quand elle s’accompagne d’un entrisme qui privilégie la tranquillité communautaire au détriment de la sécurité, de la neutralité républicaine et de l’unité nationale.
Pour que la culture française l’emporte, il ne suffit pas d’intégrer : il faut assimiler. Cela passe par une exigence sans concession envers tous les citoyens, y compris les élus : la République ne s’adapte pas à l’islam ; c’est l’islam qui doit s’adapter pleinement à la République. Sans cette assimilation volontaire et assumée, le « choc des civilisations » ne sera plus une thèse, mais une réalité quotidienne dans de nombreuses communes.
La France a les outils (lois existantes sur la laïcité, rapports de renseignement, vigilance préfectorale) pour faire face. Reste la volonté politique de les appliquer sans naïveté ni angélisme. L’avenir de son identité en dépend.
ARTICLE EXCLUSIF DE LA REVUE DE PRESSE ET D OPINIONS EMILIO PAGURA,JOURNALISTE ADMINISTRATEUR ET NICOLE FIORAMONTI
